Infections respiratoires : comment mieux se protéger à tout âge ?
Grippe, Covid-19, bronchiolite liée au virus respiratoire syncytial (VRS), infections à pneumocoque et autres virus respiratoires sont parfois considérés comme de simples maladies saisonnières. Pourtant, leurs conséquences peuvent être importantes pour la santé, la vie quotidienne et le système de soins. La prévention repose sur plusieurs leviers complémentaires : vaccination et immunisation lorsqu’elles sont recommandées, gestes adaptés, aération et ventilation des locaux, et réduction des particules en suspension dans l’air.
L’essentiel à retenir
- Les infections respiratoires peuvent provoquer des complications aiguës et fragiliser durablement certaines personnes, notamment les nourrissons, les seniors et les personnes atteintes de maladies chroniques.
- La vaccination et les stratégies d’immunisation recommandées contribuent à réduire le risque d’infection ou de formes graves, selon le pathogène et la population concernée.
- La qualité de l’air intérieur fait également partie de la prévention : l’aération, la ventilation et, lorsque cela est adapté, la filtration de l’air peuvent réduire la concentration de particules en suspension.
- Les purificateurs équipés de filtres HEPA H13 ou H14 peuvent capter une grande proportion des particules aéroportées, y compris des particules très fines. Ils constituent une mesure complémentaire, et non un remplacement de la vaccination, de la ventilation ou des recommandations sanitaires.
Pourquoi les infections respiratoires ne doivent-elles pas être banalisées ?
Chaque hiver, les vagues d’infections respiratoires augmentent les consultations, les hospitalisations et les absences au travail. Elles peuvent aussi mettre sous tension les cabinets médicaux, les établissements de santé et les familles. La répétition de ces épisodes ne doit pas masquer leur impact sanitaire, social et économique [1].
Les principaux agents en cause comprennent notamment les virus de la grippe, le SARS-CoV-2, le VRS, le métapneumovirus humain et certaines bactéries comme le pneumocoque. Les conséquences varient selon l’agent infectieux, l’âge, l’état de santé et les facteurs de risque de chaque personne.
Des effets qui peuvent se prolonger après l’infection
Les conséquences d’une infection respiratoire ne s’arrêtent pas toujours à la disparition de la fièvre ou de la toux. Chez certains adultes, en particulier les personnes vulnérables, une infection ou une hospitalisation peut s’accompagner d’une perte de capacités physiques, d’une aggravation de maladies chroniques ou d’un déclin fonctionnel. Des travaux ont notamment étudié les liens entre infections aiguës, événements cardiovasculaires et perte d’autonomie [2–5].
Nourrissons et jeunes enfants : une vigilance particulière
Chez les plus jeunes, certaines infections respiratoires peuvent entraîner des épisodes sévères, des complications ou des surinfections. Les infections à VRS ont notamment été étudiées pour leur association avec des sifflements respiratoires récurrents et un risque ultérieur d’asthme dans certaines populations [6, 7]. Le niveau de risque dépend de l’âge, de la situation clinique et du contexte.
Seniors et personnes atteintes de maladies chroniques
Chez les personnes âgées, une infection respiratoire peut déclencher une décompensation ou contribuer à une perte d’autonomie, parfois durable. Les personnes immunodéprimées et celles atteintes de maladies chroniques présentent également un risque accru de complications. La prévention doit donc être adaptée à chaque profil, en lien avec les professionnels de santé.
Vaccination et immunisation : des piliers de la prévention
La vaccination et les autres stratégies d’immunisation disponibles peuvent réduire le risque de certaines infections, de formes graves et de complications. Les recommandations diffèrent selon l’agent infectieux, l’âge, les facteurs de risque et les campagnes en vigueur : il est important de se référer aux autorités sanitaires et de demander conseil à un professionnel de santé [8, 9, 12, 13].
Les données de couverture vaccinale citées pour la saison 2025-2026 dans les sources de référence de cet article montrent que des marges de progression subsistent, notamment chez certains adultes et seniors [10, 11]. Les chiffres doivent être interprétés selon les populations ciblées et les indicateurs utilisés.
La vaccination contre la grippe a également fait l’objet d’études sur ses bénéfices cardiovasculaires dans certaines populations [4]. D’autres travaux ont examiné les associations entre vaccinations et risque de démence ; ces résultats doivent être présentés comme des associations scientifiques et non comme la preuve d’un effet protecteur direct dans toutes les situations [14].
Qualité de l’air intérieur : un levier complémentaire pour limiter l’exposition
Certains agents infectieux respiratoires peuvent se transmettre par des particules respiratoires émises lorsqu’une personne infectée respire, parle, tousse ou éternue. Dans les espaces clos et insuffisamment ventilés, ces particules peuvent s’accumuler. Réduire leur concentration dans l’air contribue à diminuer l’exposition, sans supprimer tout risque de transmission.
Aérer, ventiler et filtrer l’air
L’ouverture des fenêtres lorsque les conditions le permettent et le bon fonctionnement des systèmes de ventilation contribuent au renouvellement de l’air intérieur. Dans les lieux où la ventilation est insuffisante, difficile à renforcer ou lorsque le contexte le justifie, un purificateur d’air adapté peut constituer une mesure complémentaire.
Quel rôle pour les filtres HEPA H13 et H14 ?
Les filtres HEPA selon la norme EN1822, de classes H13 et H14 sont conçus pour retenir une très grande proportion des particules selon des critères normalisés de performance. Intégrés à un purificateur correctement dimensionné, étanche et utilisé conformément aux consignes du fabricant, ils peuvent réduire la concentration de particules en suspension dans l’air, y compris de particules très fines et d’aérosols susceptibles de transporter des agents infectieux.
Cette filtration peut ainsi contribuer à réduire l’exposition aux particules aéroportées et, dans certaines conditions, le risque de transmission par l’air. L’efficacité réelle dépend notamment du débit d’air traité, du volume de la pièce, du positionnement de l’appareil, de son entretien. La performance du filtre seul ne suffit donc pas à garantir celle du purificateur dans une pièce.
Une étude menée par la FIMEA dans le cadre du programme QAST1, publiée dans la librairie de l’ADEME en novembre 2024, a évalué plusieurs épurateurs à filtration particulaire dans un bâtiment tertiaire en conditions réelles d’utilisation. Les mesures ont porté notamment sur les concentrations de particules PM10 et PM1, en masse et en nombre, ainsi que sur leur évolution dans le temps. Cette étude apporte des données utiles sur l’efficacité réelle des appareils dans des locaux occupés. Elle porte sur la rapidité et l'efficité de l’abattement des particules fines [16].
Il convient également de distinguer la capture de particules de l’inactivation des agents infectieux : un filtre HEPA retient les particules qui le traversent, mais ne signifie pas automatiquement que tous les micro-organismes sont détruits. Un purificateur ne protège pas à lui seul contre toutes les voies de transmission, il est complémentaire et ne remplace ni la vaccination, ni l’aération et la ventilation, ni les mesures sanitaires recommandées.
Pour choisir un appareil, il est utile de vérifier les performances de filtration, le débit d’air épuré adapté au volume de la pièce, les conditions d’essai, le bruit en fonctionnement et les modalités de remplacement des filtres. En environnement de soins ou dans des locaux accueillant des personnes vulnérables, le choix doit tenir compte des besoins du lieu et, si nécessaire, de l’avis des responsables techniques ou sanitaires.
La prévention : un investissement sanitaire, social et économique
Le coût des infections respiratoires ne se limite pas aux consultations et aux hospitalisations. Il comprend aussi les arrêts de travail, l’aide apportée aux proches, les perturbations de l’activité et la mobilisation des ressources de santé. Une étude publiée en 2025, portant sur dix pays, a modélisé les bénéfices socio-économiques de programmes d’immunisation des adultes âgés et estimé que le retour sur investissement pouvait atteindre des niveaux élevés selon les hypothèses retenues [15]. Ces résultats dépendent du contexte et des paramètres économiques utilisés.
Investir dans la prévention signifie donc agir en amont : mieux informer, faciliter l’accès aux mesures recommandées, identifier les personnes les plus vulnérables et améliorer les conditions de prévention dans les lieux de vie, de travail et de soins.
Vers une stratégie de prévention globale
- Une prévention efficace associe plusieurs actions adaptées à la situation :
- suivre les recommandations de vaccination et d’immunisation correspondant à son âge et à son état de santé ;
- rester attentif aux symptômes et appliquer les recommandations sanitaires en vigueur ;
- aérer les pièces et assurer un renouvellement de l’air adapté à leur occupation ;
- envisager une filtration de l’air par purificateur lorsque cela est pertinent, avec un appareil correctement dimensionné et entretenu ;
- porter une attention particulière aux nourrissons, aux seniors, aux personnes immunodéprimées et aux personnes atteintes de maladies chroniques.
À l’échelle collective, une politique de prévention durable suppose une information claire, une coordination des professionnels, un accès facilité aux mesures recommandées et une évaluation régulière de leurs résultats.
Conclusion : agir sur plusieurs fronts pour mieux se protéger
Les infections respiratoires ne sont ni toujours bénignes ni totalement évitables. Leur impact peut dépasser l’épisode aigu, particulièrement chez les personnes les plus fragiles. La vaccination et les stratégies d’immunisation restent des leviers majeurs lorsqu’elles sont recommandées. Elles gagnent à être complétées par une bonne qualité de l’air intérieur : aération, ventilation et, lorsque le besoin le justifie, filtration par un purificateur d'air intérieur équipé d’un filtre HEPA H13 ou H14.
En réduisant la concentration de particules en suspension, une filtration performante peut contribuer à limiter l’exposition aux aérosols respiratoires. Elle s’inscrit dans une approche globale de prévention et ne garantit pas à elle seule l’absence de contamination. Mieux protéger la santé suppose de combiner les mesures adaptées à chaque situation et de s’appuyer sur les recommandations des autorités sanitaires.
Références scientifiques et institutionnelles
[1] Santé publique France. Infections respiratoires aiguës (grippe, bronchiolite, Covid-19). Bilan de la saison 2025-2026. 15 avril 2026.
[2] Contini A, et al. Analysis of care-pathways of older adults hospitalized for influenza-like illness before institutionalization: a French SNDS-based study. BMC Health Serv Res. 2026. doi:10.1186/s12913-026-15054-4.
[3] Visade F, et al. Impact of acute infections on the loss of functional independence in hospitalized older adults: a multicentre cohort study. Exp Gerontol. 2026;220:113156. doi:10.1016/j.exger.2026.113156.
[4] Fröbert O, et al. Influenza Vaccination After Myocardial Infarction: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled, Multicenter Trial. Circulation. 2021;144:1476-1484. doi:10.1161/CIRCULATIONAHA.121.057042.
[5] Andrew MK, et al. Persistent Functional Decline Following Hospitalization with Influenza or Acute Respiratory Illness. J Am Geriatr Soc. 2021;69(3):696-703. PMID:33294986. doi:10.1111/jgs.16950.
[6] Shi T, et al. Association Between Respiratory Syncytial Virus-Associated Acute Lower Respiratory Infection in Early Life and Recurrent Wheeze and Asthma in Later Childhood. J Infect Dis. 2020;222(Suppl 7):S628-S633. doi:10.1093/infdis/jiz311.
[7] Shiroshita A, et al. Association between age of respiratory syncytial virus infection hospitalization and childhood asthma: A systematic review. PLoS One. 2024;19:e0296685. doi:10.1371/journal.pone.0296685.
[8] Haute Autorité de santé. Nirsévimab (Beyfortus) dans la prévention des bronchiolites à VRS chez les nouveau-nés et les nourrissons. 14 septembre 2023 ; mise à jour 15 septembre 2023.
[9] Ministère de la Santé. La bronchiolite : questions/réponses à destination des professionnels de santé. Mise à jour 15 septembre 2026.
[10] BEH. Épidémie de grippe 2025-2026 en France hexagonale : intensité modérée en ville, mais élevée en établissements et en termes de mortalité. 13 octobre 2026.
[11] Organisation mondiale de la Santé. Understanding drivers of influenza vaccine uptake. Objectif de 75 % de couverture chez les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques. 16 juillet 2025.
[12] Ministère de la Santé. DGS-Urgent n°2025-15. Modalités de mise en œuvre de la campagne d’immunisation des nouveau-nés et nourrissons contre les infections à VRS pour la saison 2025-2026. 26 juin 2025.
[13] Santé publique France. Bilan de la saison 2025-2026 des infections respiratoires aiguës ; données relatives à la bronchiolite et à l’immunisation contre le VRS. 15 avril 2026.
[14] Yang WK, et al. Influenza vaccination and risk of dementia: a systematic review and meta-analysis. Age Ageing. 2025;54(7):afaf169. doi:10.1093/ageing/afaf169.
[15] Chowdhury S, et al. A cost-benefit analysis of adult immunization programs across ten countries: Modeling the socioeconomic value of immunization for older populations compared to no vaccination. Hum Vaccin Immunother. 2025;21(1):2602976. doi:10.1080/21645515.2025.2602976.
[16] FIMEA. Analyse de l’efficacité d’épurateurs d’air intérieur en conditions réelles d’utilisation dans un bâtiment tertiaire (QAST1). ADEME, mise en ligne le 6 novembre 2024. Rapport de 68 pages. https://librairie.ademe.fr/air/7720-analyse-de-l-efficacite-d-epurateurs-d-air-interieur-en-conditions-reelles-d-utilisation-dans-un-batiment-tertiaire.html


